Faire l'école a la maison : une maman répond - Petit Pousse

Faire l’école a la maison : une maman répond a toutes nos questions

Faire l’école a la maison : voilà une idée que nous avons tous déjà eu (parents comme enfants), mais concrètement, comment passer le pas ? Quels sont les choses à savoir et les risques ?

Elodie, une maman qui suit Petit Pousse a gentiment accepté de répondre à mes questions.

 A- Bonjour Elodie, tu es maman, tu as décidé de faire l’école à la maison, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de tes enfants ?

E – Bonjour Albain, nous faisons l’école à la maison depuis 2 ans. Je suis maman de 3 enfants : 7 ans, 4 ans et 2 ans.

Avant mes enfants, j’avais un tout autre travail avec beaucoup de responsabilités et de déplacements puis mes besoins ont évolué pour me centrer sur ma famille. J’ai travaillé sur moi grâce à la CNV (Communication Non Violente), l’éducation bienveillante et positive, etc. Je suis assistante maternelle. J’ai trouvé la voie qui me rend réellement heureuse.

A – Qu’est-ce qui a motivé ce choix de quitter l’école ?

E – Notre première raison est toute simple : l’école ne permet pas de continuer les siestes après la moyenne section.

Impossible pour nous de ne pas écouter ce besoin si élémentaire. Tout comme celui de la soif d’apprendre : la lecture n’était pas au programme avant le CP. Très frustrant et décourageant pour notre enfant.

J’avais de mon côté beaucoup de mal avec la violence, dont la violence ordinaire des adultes comme les sanctions diverses inappropriées à mes yeux (interdiction de récréation, humiliation, …).

Je bloquais aussi sur la pensée unique ou encore la compétition qui rend individuel et détruit la confiance en soi.

Enfin, et pas des moindres,  je ne reconnaissais plus mon enfant qui était devenu grognon, tendu (voir violent), fatigué, sa créativité s’amenuisait …

A – Quels ont été les obstacles et les premières étapes pour faire l’école à la maison ?

E – Accepter de faire différemment des autres et recevoir les avis/critiques de chacun.

Finalement, la majorité réagit très bien. Être sûr de nous favorise sûrement cette vision positive.

J’avais confiance en mes capacités dès le début vu mes études et ma soif d’apprendre. Partager cela avec mes enfants me paraissait idéal (même si rien ne garantit à l’avance que cela fonctionne).

Au final, c’est une réussite bien plus grande que je n’aurai jamais pu imaginer.

Ils apprennent facilement et rapidement car je suis leur prof particulière et j’adapte les apprentissages. On y prend tous plaisir.

Les premières étapes pour faire l’école à la maison sont très simples : informer l’école où est scolarisé notre enfant puis envoyer deux courriers administratifs (à partir de 6 ans : Une déclaration au maire de sa commune qui fera une enquête à caractère sociale tous les 2 ans et une déclaration au directeur académique des services départementaux de l’Education nationale qui vérifiera chaque année une évolution dans l’instruction selon les quatre cycles scolaires).

Nous nous sommes inscrits à une association d’instruction en famille (IEF) pour être aidés si besoin et également informés.

A – Qu’est-ce qui change par rapport à l’école traditionnelle ? Quels sont les points communs ?

E- Pas de devoirs, pas de notes, pas de stress.

Apprentissages adaptés à chacun, on peut ainsi s’attarder sur une notion et approfondir à outrance une autre.

Des applications concrètes à la maison bien sûr et aussi partout autour, dans les musées, les évènements, ateliers, etc.

Pouvoir gérer son temps car les apprentissages sont plus rapides qu’à l’école traditionnelle, donc bien plus de loisirs.

Les points communs : nous suivons en majorité le programme, mais nous piochons dans plein de méthodes différentes (par exemple : Montessori, Steiner, les Alphas et Singapour).

On fait aussi la récréation comme le sport : on se dégourdi les jambes et donc l’esprit (bon ici c’est le jardin, le jardinage, bricolage, la plage, la forêt et souvent des sorties avec des amis IEF ou non, oui, oui, on est chanceux).

A – Comment t’organises-tu par rapport à ta vie pro/perso et tes enfants ?

E- J’ai un travail avec des horaires arrangeants. À la maison, on avance beaucoup plus vite, c’est comme un cours particulier en continu : besoin d’1/3 de temps comparé à l’école traditionnelle.

Nous avons fixé le matin une routine de travail pour avancer dans chaque matière et avoir un cadre rassurant pour tous.

Pause déjeuner puis moment calme/sieste et donc possibilité d’activités nécessitant plus de concentrations.

Fin de la journée au goûter sauf si envie particulière bien sûr.

A – Quels sont les changements par rapport à tes enfants ? Des choses leur manque ?

E- Pas de violence, une véritable écoute et entraide sur tous les niveaux : entre la fratrie, les autres enfants et les adultes.

Des enfants calmes et heureux d’apprendre (je dirai même insatiables) qui deviennent rapidement autonomes et sont très créatifs.

Rien ne leur manque. À ce qu’il paraît, c’est au collège/lycée avec l’envie d’être comme tout le monde que l’école pourrait leur manquer. Plus tard lorsque l’on cultive la différence, l’école à la maison redeviendrait une force. À suivre… 🙂

A – Ont-ils quand même l’occasion de sortir et jouer avec d’autres enfants, se faire des amis ?

E- Intéressant votre « quand même », on sent le poids des idées reçues sur cette fameuse socialisation qui manquerait aux enfants IEF.

Alors pour faire simple : nous n’avons jamais le temps de nous ennuyer !

Très facile d’être entouré avec les réseaux IEF comme Facebook.

Donc énormément de sorties et d’amis de tous âges (car pas de cloisonnement comme en classe pour l’école traditionnelle) !

Ils sont plus sociables que pendant la période école, logique vu qu’ils sont confrontés à des personnes différentes, qui ont des façons de voir différentes (langues, cultures).

Ils sont plus dégourdi aussi car l’éducation de l’enfant se fait certes à la maison mais également en dehors en cherchant ses savoirs dans la société du moment (les bibliothèques, les musées, la rue, les ateliers, les salons, les entreprises).

A – A qui recommanderais-tu de tenter cette expérience ?

E- Tous ceux qui voient leur enfant changer négativement, souffrir.

Tous ceux qui hésitent : c’est beaucoup plus simple que ce que l’on imagine.

A – Un mot de la fin ?

C’est la vie de famille toute entière qui évolue.

Les enfants grandissent dans la joie et l’ouverture au monde. Il n’y a pas de cloisonnement de personne ou de savoir.

On apprend par curiosité et envie. Les connaissances s’ancrent bien ainsi.

On prend en compte les spécificités de chacun, parents ET enfants, et non les enfants qui doivent se soumettre à la vision de l’adulte. Cette soumission n’est d’ailleurs plus « moderne », dans notre société nous avons notre mot à dire partout, autant l’inculquer tout de suite et apprendre le respect mutuel, la recherche de solutions, l’écoute de soi, etc.

Élodie

Un immense merci pour ce temps que tu nous as consacré, nous te souhaitons une très belle continuation et de bons moments en famille.

Voilà, maintenant vous savez (presque) tout sur l’école à la maison. Je rejoins totalement Elodie sur l’idée que certains enfants ne sont pas fait pour l’école et en souffrent. Cours a la maison, école alternative, il existe toujours des solutions, il suffit de le vouloir suffisamment fort et de faire un premier pas.

Bonne rentrée à tous !

confiance en soi

Mots-clés associés : faire l’école a la maison – faire l’éducation sois-même – éducation à la maison – comment faire cours à la maison -IEF

Commentaires :

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