Et si le but de la vie n’était pas de régler tous ses problèmes, mais de choisir ceux que l’on veut résoudre ?

Pour cela, la créativité est indispensable et de plus en plus recherchée dans notre société.

Mais où donc les enfants passent le plus clair de leur temps ?

A l’école : c’est là que leurs aspirations sont nourries et qu’ils apprennent à s’intégrer dans la société. Or, dans une classe idéale, les enfants seraient stimulés à développer leur imagination et leur créativité. Mais c’est loin d’être le cas.

Découvrons dans cet article les secrets de la créativité, et comment les enfants peuvent s’en servir …

A quoi ressemble un enfant créatif ?

Un enfant créatif… mais au fait c’est quoi dans l’idéal  ? Un enfant qui passerait ses journées à jouer avec passion, à vibrer devant les opportunités et le monde qui l’entoure. Un enfant en pleine conscience de son potentiel, respectueux des autres, bienveillant et aidant, un adolescent joyeux et apaisé, ancré, en quête permanente de progrès intérieur. 

Est-ce possible ?

Si la créativité est le fait de rencontres avec un environnement riche, construit et bienveillant, alors quel est notre rôle à nous, éducateurs et parents ?

Soyons clair, il ne faut compter que sur vous, à l’école le plus souvent, le mot créativité est un gros mot.

L’école, censée être un lieu privilégié d’éveil, est bien souvent accusée de faire baisser, voire de brider le potentiel créatif des élèves, et ce dès la fin de la maternelle. Sur Youtube, la conférence de Ken Robinson intitulée « Le système éducatif tue la créativité » dénonce avec humour les ravages d’une pédagogie standardisée et plaide pour une école qui favorise la créativité. 

Dans son ouvrage, “Trouver son élément”, il prône une quête de connaissance de soi, de ses dons et de ses talents pour choisir sa vie et devenir le créateur de son parcours de vie.

Le rôle des parents dans la creativite des enfants

Hubert Ripoll insiste sur l’importance de l’accompagnement familial dans le développement de la créativité. Il souligne le rôle essentiel des grands-parents, débarrassés des contraintes liées à la réussite de l’enfant. Ouverts, tolérants, bienveillants, ils sont plus dans la recherche de l’épanouissement que celle, parfois effrénée, de l’acquisition de compétences.

Les parents, en effet, sont souvent tiraillés entre deux exigences contradictoires : l’épanouissement de leur enfant et les performances scolaires et sportives. Ils démultiplient les activités de leurs enfants. Certains amis de mes enfants ont jusqu’à 8 activités par semaine ! La base de cet accompagnement est le don se son temps et de son écoute.

La creativite des enfants ne se décrète pas, c’est un mode de vie !

La multiplication des écrans a aggravé la situation. Le jeu libre est devenu le parent de l’éducation. L’adulte doit s’efforcer de préserver un espace de liberté, de répondre aux attentes de l’enfant qui veut bricoler, jardiner, construire, aménager, détourner un objet de son usage.

Le cerveau humain est fait pour analyser le monde et produire de la nouveauté, il associe des idées pour en créer de nouvelles.

creativite des enfants

Dans les classes traditionnelles, ce manque de stimulation est hérité de génération en génération, dans une rigidité bien connue propre au système français.

Voilà qui explique la baisse de créativité observable à partir de 7/8 ans. Depuis la création du système scolaire, les programmes ont peu évolué : les enfants doivent écouter un professeur au tableau, et la cloche marque la fin des cours (comme à l’usine …).

Ce modèle ne prépare absolument pas nos enfants au nouveau monde : aujourd’hui, les emplois ne sont plus attribués à celui qui obtient la meilleure note et à celui qui obéit aux ordres, ils sont attribués à ceux qui peuvent générer rapidement de nouvelles opportunités.

Le vrai travail de l’école est de former les enfants à bâtir le monde de demain en créant de nouvelles façons de penser.

Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas si difficile à mettre en œuvre.

Voici quelques principes directeurs pour aider à transformer n’importe quel foyer ou salle de classe en un environnement favorable à la creativite des enfants :

1. UTILISER LE PASSÉ COMME TREMPLIN POUR IMAGINER L’AVENIR

Au début de l’année scolaire, Lindsay Esola, professeur d’art en Pennsylvanie, dessine une pomme au tableau et demande à ses élèves de quatrième année de dessiner leur propre version.

La majorité de la classe copie simplement le professeur, mais cet exercice est le point de départ d’un semestre au cours duquel elle enseigne à ses élèves des dizaines de façons de dessiner une pomme.

creativite des enfants

Les enfants imitent des styles tels que le surréalisme, l’impressionnisme et le pop art, en utilisant des aquarelles, des pinceaux, de la mosaïque, de la cire fondue, des paillettes, des autocollants, des tampons, du fil.

Dans le cour final, Esola dessine une pomme au tableau. Cette fois, presque personne ne copie le professeur. Au lieu de cela, le mur de la classe est une galerie de pommes alternatives : les étudiants ont appliqué ce qu’ils ont appris et se sont lancés dans leur propre direction.

Comme l’a écrit l’éditeur Hodding Carter, « Nous ne pouvons espérer donner à nos enfants que deux choses durables. L’un d’eux est des racines, l’autre des ailes »


Un article complémentaire sur le site Naitre et Grandir : « Développer la creativite des enfants »


La creativite des enfants se situe entre les jeux non structurés et les modèles d’imitation.

Par exemple, un enseignant a demandé à sa classe de peindre la peinture de son artiste préféré – une peinture qui n’avait jamais été peinte, mais aurait dû ou aurait pu l’être.creativite des enfants

Chaque enfant a étudié la carrière d’un artiste et a ensuite imaginé ce qu’il aurait fait s’il avait vécu plus longtemps.

Un enfant a peint un joueur de baseball dans le style cubiste, affirmant que si Picasso avait survécu, il se serait intéressé à la culture populaire.

Briser le moule du passé donne deux leçons : il montre aux enfants comment exploiter le passé pour trouver de nouvelles idées et leur apprend à ne pas se laisser intimider par ce qui a précédé.

Il y a beaucoup de façons d’exploiter le passé pour de nouvelles possibilités. Vous pourriez demander aux enfants de raconter une histoire du point de vue d’un personnage différent.

Pour vous inspirer, prenez « La vraie histoire des trois petits cochons », dans laquelle l’auteur Jon Scieszka raconte l’histoire du point de vue du loup : le loup affirme qu’il n’essayait pas de souffler et de souffler sur les maisons des cochons – ce n’était que des allergies.

Une autre manière créative d’afficher une compréhension de l’histoire est de décrire ce qui se serait passé si les événements avaient changé.

Et si les Mayas n’avaient pas contracté la variole des Espagnols ? Et si Washington s’était cassé la jambe et n’avait jamais traversé le Delaware ? Et si la voiture de l’archiduc Ferdinand ne s’était pas trompée et qu’il n’avait pas été assassiné ?

2. EXPLORER PLUSIEURS OPTIONS CREATIVES

La meilleure pratique dans une salle de classe consiste à exiger des enfants qu’ils ne génèrent pas une seule solution à un problème, mais plusieurs ! Plus les enfants apprennent tôt à inventer des solutions, meilleurs ils seront en grandissant.

De la littérature à la science en passant par la programmation, les élèves s’enferment généralement dans une réponse (c’est ce que l’école leur demande). Il faut des encouragements et des incitations pour diriger les enfants vers des explorations plus larges.

Le livre d’images d’Antoinette Portis, Not a Box, illustre ce concept :

Quelqu’un demande au lapin : « Pourquoi es-tu assis dans une boîte ? »

Le lapin réplique que ce n’est pas une boîte : c’est une voiture de course. Mais le lapin ne s’arrête pas là : c’est aussi une montagne, un robot, un remorqueur, une fusée, le nid de pie d’un bateau pirate, la gondole d’une montgolfière.creativite des enfants

S’inspirant du lapin, les élèves peuvent créer leur propre version (« pas une balle », « pas un ruban », etc …) Cet exercice simple fonctionne bien avec les enfants de tous âges.

En effet, deux compétences sont au cœur de l’innovation : observer autour de soi et créer de nouvelles solutions.

Pour ça, la nature est un très bon maître !

Prenez l’expérience « Graines de voile », les enfants étudient les moyens prolifiques de la nature pour la dispersion des graines : par exemple, les graines de bardane collent à la fourrure des animaux et tombent ensuite; les graines de pissenlit flottent sur des « parachutes »; les graines d’érable et de cendre glissent dans l’air sur de petites ailes.

Dans cette expérience, les élèves sont en compétition pour concevoir de nouveaux moyens plus efficaces de faire voyager de minuscules graines, puis ils testent les modèles pour déterminer lesquels se propagent le mieux.

Cet exercice est un moyen puissant pour saisir le concept de sélection naturelle et ses défis.


Un article à ne pas manquer : « Développer la confiance des enfants de 0 à 12 ans »


Au lieu de voir le monde qui les entoure comme un ensemble de faits préexistant à mémoriser, les étudiants inventent de nouvelles options.

On est donc au cœur des deux compétences : observer autour de soi et créer de nouvelles solutions.

3. ENCOURAGER LA PRISE DE RISQUES

Dans les jeux vidéo, « Sandboxing » est un terme qui permet d’essayer des options à un niveau supérieur avant la compétition, c’est-à-dire qu’un joueur peut expérimenter des techniques et des stratégies avant que le jeu ne compte réellement.

Une approche de sandboxing peut également être appliquée aux tâches créatives : les enfants sont invités à proposer plusieurs options pour quelque chose, mais celles-ci ne sont pas notées.creativite des enfants

L’enfant choisit ensuite sa solution favorite pour l’utiliser. Cela encourage non seulement les enfants à multiplier les idées créatives, mais donne également la possibilité de prendre des risques sans pénalité.

Tous les problèmes ne devraient pas viser qu’une seule bonne réponse. Cette leçon peut être illustrée en demandant aux enfants de créer une « super-police », par exemple.

En effet, dans une police de caractères standards, certaines lettres et certains chiffres sont difficiles à distinguer, en particulier sur les écrans des smartphones et des ordinateurs (5 et S se confondent facilement, tout comme B et 8, ou g et q)

Le but des super-polices est de modifier les formes des lettres pour maximiser leurs différences visuelles. C’est un projet créatif sans solution fixe.

Une autre façon d’encourager la prise de risque et la créativité est de s’attaquer aux problèmes du monde réel, ceux qui n’ont pas encore été résolus.

Dans le projet « Imagine Mars » de la NASA, les étudiants sont invités à concevoir un manuel sur la vie humaine sur d’autres planètes.

Cela les amène à disséquer toutes les caractéristiques qui permettent à une communauté de prospérer sur Terre : le logement, la nourriture et l’eau, l’oxygène, le transport, la gestion des déchets, les emplois, etc.

Les étudiants doivent alors réfléchir à ce qu’il faudrait pour transplanter ces caractéristiques dans le paysage martien.

Comment respirez-vous ? Que faites-vous avec les ordures ? Où exercez-vous ?

En utilisant des matériaux allant des tasses aux balles de coton en passant par les pièces de Lego, les élèves conçoivent une communauté viable sur Mars !

Pour bâtir une société prospère avec des adultes épanouis, nous devons dès maintenant préparer les enfants à être créatifs. Les encourager à prendre des risques et imaginer de nouvelles solutions.

Apprendre aux enfants à innover plutôt que de mémoriser.

Peu de compétences ont autant de valeur que l’imagination : elle impact tous les aspects de notre vie.

Nos maisons, nos villes, nos voitures et nos avions seront dans quelques décennies très différents de ceux d’aujourd’hui – il y aura de nouveaux traitements médicaux, de nouveaux types de smartphones, de nouvelles œuvres d’art.

Et cette route pour l’avenir commence avec la creativite des enfants d’aujourd’hui.

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