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Les écrans (1/2) : quels risques pour mon enfant ?

par | Août 10, 2020 | Tous les articles | 1 commentaire

Tu souhaites en savoir un peu plus sur les risques des écrans pour ton enfant ? Alors, tu es au bon endroit ! 🙂

Durant les années où j’enseignais, je n’ai pas arrêté de faire face au problème des écrans avec mes élèves : fatigue, irritabilité, violence, problème d’attentions …

Je me suis longuement battue pour sensibiliser sur les conséquences des écrans, et aujourd’hui j’aimerais vous partager mon expérience et le condensé de mes nombreuses recherches sur le sujet.

Dans cet article, nous allons voir quels sont les risques des écrans pour ton enfant afin de trouver des solutions adaptées pour les minimiser. Je t’invite à lire jusqu’au bout afin de ne manquer aucune information.

1.  Les risques des écrans : le cas d’Alice

 

risques écransVous reconnaîtrez-vous peut-être à travers le cas de cette petite fille que j’ai eu en classe.
Alice était une élève qui avait de gros problèmes de concentration.

Je me suis grandement interrogée sur la source de ses difficultés. Et bien entendu, j’ai essayé de comprendre son environnement familial, afin de prendre aussi en considération son contexte de vie à l’extérieur de l’école.

C’est en discutant un jour avec Alice, que je me suis rendu compte du réel problème : un matin, pendant une activité où je demandais aux élèves de réaliser un dessin de ce qu’ils avaient fait pendant les vacances, Alice a commencé à s’assoupir sur sa table, tombant de fatigue.

Je lui ai alors demandé : « Tu n’as pas bien dormi cette nuit ? à quelle heure es-tu allé au lit ? ». Alice m’a répondu qu’elle s’était endormie après le premier film du soir et qu’elle avait regardé la télé toute la soirée avec sa maman…

Après cet événement, j’ai commencé à observer un peu plus l’état de fatigue d’Alice, et j’ai essayée de comprendre comment cela fonctionnait chez elle à la maison.

En discutant avec la fillette, je me suis rendu compte que les écrans étaient très présents au quotidien.

La petite fille est tout simplement très fatiguée en arrivant à l’école car elle s’endort très tard (le premier film du soir ne finissant pas avant 22h30 voire 23h).

Chaque soir, elle regarde la télévision. Le reste du temps, pendant que sa maman travaille, fait son ménage, cuisine ou s’occupe de son petit frère, elle a à son entière disposition la console de jeux, la tablette ou le téléphone pour jouer sur des applications.

risques écrans

J’ai eu alors l’idée de réaliser un petit sondage en classe afin de savoir si d’autres élèves étaient aussi dans la situation d’Alice, et je me suis rendu compte que la plupart des élèves de ma classe, regardaient aussi les écrans jusqu’à tard le soir ou avaient à disposition une tablette ou une console. Certains avaient même déjà une télévision dans leur chambre, et d’autres possédaient leur propre cellulaire.

Dans un cas général, les enfants sont de plus en plus devant les écrans, et nous le verrons tout à l’heure, les risques ne sont pas à négliger.

Il m’est ainsi paru nécessaire de partager cet article avec vous afin d’amener les parents à réagir, mais aussi pour sensibiliser les jeunes le plus tôt possible à cette problématique.

2.  Le danger des écrans pris à la légère

Le cas d’ Alice est révélateur d’une grande problématique : la non prise de conscience des parents que leurs enfants sont trop exposés aux écrans.

Malheureusement, les parents sous- estiment l’impact négatif de l’exposition précoce aux écrans et y surexposent leurs enfants de plus en plus tôt.

Certains le font par choix raisonné (pour stimuler leur éveil, développer l’acquisition des savoir-faire), mais un grand nombre d’entre eux vont aussi utiliser les écrans comme un moyen de faire face aux difficultés du quotidien.

En effet,  » Il y a un véritable danger, les parents qui travaillent ou qui sont submergés par certaines tâches ne savent plus comment occuper leurs enfants. Les écrans deviennent alors la facilité, ce sont des nounous qui sont disponibles en continu et gratuitement.  »

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Serge Tisseron, psychiatre spécialisé sur la question du rapport des enfants aux écrans, précise qu’il s’agit d’une nouvelle forme de renonciation parentale : « avant les écrans, certains plaçaient leur jeune enfant devant la fenêtre. Aujourd’hui, ils les mettent devant un écran. » (Tisseron, 2020).

Dans le cas d’Alice, j’ai pu justement observer que le papa est absent, et que sa maman est souvent seule à la maison avec ses deux enfants en bas âge.

Afin de gérer toutes les tâches du quotidien, il est très probable qu’elle ait pris l’habitude d’occuper Alice grâce aux écrans de tous types.

Le soir, une fois le bébé couché et n’ayant pas pu passer du temps avec sa fille durant la journée, la tentation est grande de la laisser éveiller un peu plus longtemps.

Avec la fatigue, les parents délaissent l’idée de faire des jeux ludiques et préfèrent regarder un film à la télévision.

Les enfants se retrouvent exposés encore une fois aux écrans, devant des films souvent non adaptés à leur âge, et avec, en conséquence, un sommeil amoindrit et de nombreux risques pour l’enfant, tant sur le plan physique que mental.

Malheureusement, c’est en tout cas un scénario qui se répète dans de nombreuses familles.

Mon rôle ici est donc, d’une part, de faire prendre conscience aux parents qu’il faut changer leurs habitudes en diminuant le temps d’exposition de leurs enfants aux écrans, et en contrôlant le contenu de ce qu’ils regardent, et de l’autre, de sensibiliser aussi directement les élèves aux dangers des écrans.

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3. Quels sont les risques des écrans ?

Nous sommes dans une société où le virtuel a pris une place importante. Le monde du numérique a ses aspects positifs et négatifs.

D’un côté l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication offre de nouveaux outils pouvant être utilisés dans le cadre d’apprentissages.

Cependant, d’un autre côté, de nombreuses recherches montrent les aspects négatifs des écrans de tous types sur les enfants quand ils ne sont pas utilisés à bon escient.

Le but ici n’est pas de diaboliser les écrans, mais il s’agit simplement de mieux comprendre leurs impacts sur le développement de l’enfant.

Je pense qu’il est donc important de s’informer sur l’évolution des recherches scientifiques sur le sujet. Il est primordial de se créer une base de connaissances assez solide avant de sensibiliser les enfants et les parents aux risques des écrans :

Sur les capacités d’attention et de concentration : les écrans sont des capteurs d’attention. En maternelle, l’attention d’un enfant est assez limitée (environ 15 minutes). Ainsi, un enfant comme Alice qui regarde la télévision avant d’aller à l’école a du mal ensuite à rester attentif, il s’agite et se fatigue… À long terme, il peut rencontrer des difficultés d’apprentissage.

Sur le sommeil : les images diffusées par un écran excitent le cerveau et provoquent trop d’émotions chez l’enfant. De plus, les écrans diffusent une lumière bleue qui perturbe

risques écrans la production de l’hormone du sommeil. Le soir, une heure d’écran retarde de 20 minutes l’endormissement de l’enfant. À long terme, cela peut provoquer des troubles du sommeil.

Sur le comportement : l’enfant, face aux écrans, peut subir des images qu’il ne contrôle pas. S’il est surexposé à des contenus violents, il peut alors réagir de différentes manières : soit être déconnecté des autres, et adopter une attitude passive face au monde qui l’entoure. Il peut avoir du mal à s’occuper tout seul et risque de s’isoler des autres. Soit, au contraire, devenir plus agité. Un enfant privé de son écran peut même présenter des symptômes de manque (agressivité,impulsivité, colère…).

Chez les enfants, une très grande exposition aux écrans en bas âge peut avoir de nombreux impacts négatifs :

Sur la santé : une surconsommation d’écrans contribue à réduire le temps consacré aux activités physiques et peut favoriser la tendance au grignotage. La conjonction des deux est alors susceptible d’entraîner une prise de poids, voire à long terme, de l’obésité. D’autres problèmes de santé peuvent aussi survenir : fatigue, maux de tête, problèmes de vue (myopie), problèmes de posture, mauvaise alimentation…

Sur le bien-être : d’après une enquête réalisée par le Public Health England, un enfant qui passe trop de temps devant les écrans serait moins heureux, plus anxieux et plus déprimé que les autres. À long terme, il y a un risque de voir apparaître des problèmes émotionnels et une mauvaise estime de soi (A.N.P.A.A., 2013). Le temps que l’enfant passe devant les écrans empiète en outre sur le temps qu’il pourrait consacrer à d’autres activités récréatives (sport, jeu avec des amis), qui sont essentielles pour apprendre certaines valeurs (partage, respect de l’autre) et qui ont un impact positif reconnu sur le bien-être.

Sur le développement du cerveau et l’apprentissage de compétences fondamentales : un enfant surexposé aux écrans a plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres (Collet, Gagnière, Rousseau, Chapron, Fiquet & Certain, 2019). L’usage des écrans peut, en effet, influencer son développement psychomoteur. Les écrans réduisent voire suppriment la communication entre l’enfant et ses parents, pourtant essentielle au développement du vocabulaire (Pagani,2010).

Nous l’aurons compris, l’exposition précoce et trop longue aux écrans peut avoir des conséquences désastreuses sur un enfant. Pour cette raison, les écrans ne devraient pas prendre trop de place dans sa vie.

Et pourtant, selon une étude canadienne, les enfants de 2 ans passeraient en moyenne 2,4 heures par jour devant un écran, et ce temps passerait à 3,6 heures par jour à dès l’âge de 3 ans. Le cas d’Alice n’est donc indéniablement pas un cas isolé, et il devient urgent de réagir.

J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer 🙂 

Je te rassure, les problèmes et effets provoqués par un excès d’écrans ne sont pas définitifs ! Une amélioration et des progrès rapides peuvent être constatés dès l’arrêt des écrans, ou simplement avec un accompagnement et un usage approprié (Chapron, 2019).

Si tu veux connaître des astuces afin de comprendre comment tu peux aider ton enfant à passer moins de temps devant les écrans, je te laisse découvrir la seconde partie de l’article juste ici !

Et si tu veux passer à l’action car tu t’es rendu compte que la situation ne pouvait plus rester ainsi à la maison, je t’invite à profiter d’un Atelier En Ligne Offert sur les émotions en cliquant ICI.

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J’espère vraiment que j’ai pu d’aider dans ta quête de réponses.

Tu sais, j’ai pu moi-même me remettre en question lors de la rédaction de cet article, que ce soit en me projetant et en réfléchissant déjà à ce que je pourrais mettre en place avec mes élèves, mais aussi que ce soit en tant que jeune maman d’un petit garçon d’un an et demi, qui va être inévitablement confronté aux même problématiques que la plupart des parents face aux écrans.

Merci en tout cas d’avoir lu jusqu’au bout. Je suis impatiente de te retrouver lors de prochains articles ! 🙂

Voici pour te remercier quelques ressources pour t’aider  :

– M. E. E. L. (2020, avril 27). mon-enfant-et-les-ecrans.fr – Mon enfant et les écrans vous aide à trouver un équilibre familial autour des usages des écrans. Consulté à l’adresse https://www.mon-enfant-et-les-ecrans.fr/

– PédaGoJeux (2020, avril 1). Consulté à l’adresse http://www.pedagojeux.fr/

– Service de protection maternelle et infantile. (2019, juillet). Face aux écrans changeons nos habitudes ! Consulté à l’adresse : https://parents.loire- atlantique.fr/fichier/p_paralien/8524/web_livret_ecransprotectionenfants.pdf

Bibliographie

– A.N.P.A.A. (2013, septembre 11). Surexposition aux écrans et mal-être des jeunes. Consulté à l’adresse https://www.anpaa.asso.fr/lanpaa/actualites/65-generales/452- surexposition-ecrans-mal-etre-jeunes

– Chapron, J.-Y. (2019, avril 9). L’enfant, l’adolescent, la famille et les écrans. Appel à une vigilance raisonnée sur les technologies numériques. Consulté à l’adresse https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/appel_090419.pdf

– Collet, M., Gagnière, B., Rousseau, C., Chapron, A., Fiquet, L., & Certain, C. (2019, novembre 6). L’exposition aux écrans chez les jeunes enfants est-elle à l’origine de l’apparition de troubles primaires du langage ? Consulté à l’adresse http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2020/1/pdf/2020_1_1.pdf

– Pagani, L. S., PhD. (2010, mai 1). Associations prospectives entre l’exposition télévisée de la petite enfance et le bien-être scolaire, psychosocial et physique par la petite enfance. Consulté à l’adresse :
https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/383160

– Tisseron, S. (2020, mai 2). 3-6-9-12 – Apprivoiser les écrans et grandir. Consulté à l’adresse https://www.3-6-9-12.org/

1 Commentaire

  1. sophie

    Bonjour,
    Je découvre ton blog que je trouve très chouette !
    L’histoire de la petite Alice m’a fait penser à mon année d’étude pour devenir puéricultrice. Dans le cadre d’un travail, avec 3 amies nous avons mené une enquête sur les écrans dans une classe de CP. Et, ce qui en est ressorti a été tout simplement incroyable :
    – Le contenu regardé par les enfants (films d’horreurs, films violents…)
    – Le temps passé devant les écrans
    – Le manque d’idées pour s’amuser (autre que d’être devant un écran)

    Alors, merci pour cet article sensibilisateur. Il est difficile de bannir les écrans, on vit avec notre temps mais en étant conscient de l’impact, certains parents régulerons certainement ce temps d’écran 🙂

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